Une grande variété d'espèces électrophiles peut attaquer le cycle aromatique et réaliser une substitution. Généralement c'est un hydrogène qui est substitué par un autre groupe mais ce n'est pas toujours le cas. Le tableau suivant donne la liste de quelques électrophiles actifs, bien que la plupart ne soient pas traités dans le chapitre réactivité. Il faut néanmoins savoir que l'éventail des substitutions est très large.
Tableau 1. Espèces électrophiles actives en substitution aromatique.
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A- Électrophiles
capables
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de substituer les cycles aromatiques activés et désactivés |
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B Électrophiles capables
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de substituer les cycles aromatiques activés mais pas les désactivés |
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R3COH
+ H+ |
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R2C=CR'2
+ H+ |
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RCH2X
+ MXn |
| R-C |
RXC=O + MXn |
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RX(C=O) +
MXn |
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HX |
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R2C=O
+ H+ |
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R2C=O
+ MXn |
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C- Électrophiles
capables
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de ne substituer que les cycles aromatiques fortement activés |
| HC |
HC |
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HNO2
+ H+ |
| Ar-N+ |
Ar-NH2
+ HNO2 + H+ |
La réactivité particulière de chaque électrophile détermine quel aromatique sera, ou non, substitué. Les électrophiles du groupe A sont assez réactifs pour réagir avec presque tous les aromatiques, même ceux substitués par des groupes très attracteurs. Ceux du groupe B réagissent facilement avec le benzène et les dérivés à substituant(s) électro-donneur(s), mais pas avec ceux à groupes attracteurs. Les derniers du groupe C ne réagissent qu'avec les dérivés aromatiques plus réactifs que le benzène. Cette classification donne une idée générale des possibilités de substitution.
En dépit de cette grande variété d'électrophiles et de systèmes aromatiques pouvant donner des substitutions, un seul schéma de mécanisme englobe la grande majorité des substitutions électrophiles aromatiques. Comme on peut s'y attendre, la nature de l'étape déterminante et le forme de la surface (ou courbe) d'énergie potentielle dépendent des réactants concernés, mais les différentes étapes et la nature des intermédiaires sont semblables pour un grand nombre de réactions. Ce qui permet une approche générale du mécanisme, dont les grandes étapes sont les suivantes.
Une complexation, non spécifique, de l'électrophile
avec le système d'électrons
de l'aromatique est la première étape. L'espèce
formée, appelée complexe
, peut ne pas être directement impliquée dans
le mécanisme. La formation est, en général, rapide
et réversible, dans de nombreux cas la constante d'équilibre
est petite. Le complexe
est de type donneur-accepteur, avec les électrons
de l'aromatique fournissant la densité de charge à
l'électrophile. Aucune sélectivité de position
n'est associée au complexe
.
Pour qu'une substitution puisse aboutir, il faut qu'un complexe
soit formé. Ce terme est utilisé pour décrire
un intermédiaire dans lequel le carbone du site de substitution
est lié à la fois à l'électrophile et
au groupe partant. Ce qui entraîne qu'une liaison
soit formée sur ce site. L'intermédiaire est un
cation cyclohexadiényle dont les caractéristiques fondamentales
peuvent se décrire en terme d'orbitales moléculaires
simples. Le complexe
est un système à quatre électrons délocalisés,
équivalent au cation pentadiènyle. Les orbitales moléculaires
et les niveaux d'énergie correspondants sont donnés
du le diagramme suivant.
1
2
3
4
5
distribution des charges niveaux d'énergie
La LUMO
3 possède des
nœuds en C2 et C4 de la structure pentadiènyle, ces positions
correspondent aux sites en méta par rapport au carbone lieu
de la substitution. Il s'en suit que la charge positive du cation est
située en ortho et para du site de substitution.
La formation du complexe
peut être réversible. La proportion entre le retour
vers les réactants et l'avance vers les produits dépend de
la facilité relative avec laquelle l'électrophile ou le proton
peut être éliminé. Pour la plupart des électrophiles,
il est plus aisé d'éliminer le proton, et dans ce cas la
formation du complexe
est irréversible.
La formation du complexe
est généralement, mais pas toujours, l'étape
déterminante des substitutions électrophiles aromatiques.
Il peut se former alors un complexe
entre l'aromatique formé et le proton partant. Ceci semble
logique compte tenu de la totale réversibilité du processus.
Mais il y a cependant peu de preuves directes sur ce point.
2 H2SO4 + HNO3
NO2+ + H3O+ + 2 HSO4-
On prépare des sels solides, où le
nitronium est le cation, avec des anions peu réactifs, par exemple
NO2+BF4- ou NO2+PF6-.
Lois cinétiques:
Deux principaux types de lois de vitesse
décrivent la plupart des cinétiques des réactions
de nitration aromatique. Avec les substrats relativement peu réactifs,
on observe des cinétiques de second ordre, premier en agent
nitrant et premier en aromatique. Cette loi correspond à une
attaque, limitant la vitesse globale, de l'électrophile sur l'aromatique.
Avec les dérivés aromatiques plus réactifs, cette
étape devient plus rapide que la formation de l'électrophile,
cette dernière devient l'étape déterminante et
la concentration en aromatique disparaît de la loi de vitesse globale.
Dans ces conditions, différents aromatiques donnent des nitrations
à la même vitesse, celle de formation de l'électrophile.
Un point important doit être signalé en ce qui concerne le cas particulier de la nitration. L'électrophile actif est généralement une espèce plus réactive que les différents réactifs ajoutés initialement. Cette formation de l'éléctrophile actif n'est pas nécessairement l'étape déterminante. On trouve dans le tableau 1 les structures des électrophiles actifs types des nitrations aromatiques ainsi que les réactions les produisant.
Effet isotopique.
Il existe de multiples preuves de la
formation d'un intermédiaire complexe-
dans les nitrations aromatiques. L'effet isotopique du deutérium
est particulièrement intéressant. Si l'arrachement du
proton est concerté avec l'introduction de l'électrophile,
un effet isotopique primaire doit être constaté dans les
réactions où l'attaque électrophile est l'étape
déterminant la vitesse. Ce n'est pas le cas pour la nitration, ni
pour plusieurs autres types de substitutions aromatiques. La nitration de
substrats aromatiques partiellement marqués au tritium, ne montre
aucune sélectivité entre les molécules marquées
et les autres. De même, la vitesse de nitration du nitrobenzène
est identique à celle du penta-deutéro-benzène. Cette
absence d'effet isotopique montre que le proton est arraché au cours
d'une étape rapide consécutive à l'étape déterminante.
La perte du proton se fait à partir d'un intermédiaire formé
antérieurement au début de la rupture C-H. Le complexe-
s'accorde avec cette nécessité. Il y a quelques substitutions
électrophiles aromatiques qui donnent un rapport kH/kD
entre 1 et 2 et très peu avec un rapport dans le domaine de
l'effet isotopique primaire,( entre 5 et 7 ). L'existence de ces effets
est compatible avec le mécanisme général, si
l'arrachement du proton est l'étape limitante (ou partiellement
limitante). La majorité des effets où kH/kD
est compris entre 1,2 et 2,0 est interprétée par des
vitesses comparables pour la formation et la destruction du complexe-
intermédiaire.
Les observations de l'effet isotopique dépendent
des grandeurs relatives des constantes de vitesse k1,
k-1, et k2. Quand l'étape
déterminante est la formation du complexe-
aucun effet isotopique n'est observable.
Si la seconde étape est déterminante, on peut s'attendre
à un effet primaire. Dans les substitutions par un électrophile
faible comme les ions aryldiazonium on constate un tel effet. Ce
qui est cohérent avec une étape de déprotonation
du complexe-
déterminante. Le même type de réaction
suit une catalyse basique générale, encore en cohérence
avec une étape de déprotonation du complexe-
déterminante.
Piègeage du complexe-
La généralité du
mécanisme impliquant un complexe-
intermédiaire est renforcée
par de nombreux travaux montrant que cette entité peut exister
sous une forme stable dans des conditions convenables. Les ions benzènium
substitués (synonyme de complexe-
) peuvent être observés
en RMN une fois stabilisés par un anion convenable. Il sont
formés par protonation d'un substrat aromatique.
Des sels formés par alkylation de dérivés benzéniques ont aussi été caractérisés.
Dans des conditions habituelles de réaction ces ions benzènium sont des intermédiaires à courte durée de vie. Le fait que ces structures soient stables en milieu non nucléophile démontre clairement la possibilité de tels intermédiaires.
L'existence de complexes-
intermédiaires peut aussi être tirée d'expériences
au cours desquelles ils ont été piégés
dans des circonstances particulières. Par exemple le traitement
de l'acide 1 par le brome donne la cyclohexadiényle lactone
2. Ce composé est le produit de la capture du complexe-
par une attaque nucléophile intramoléculaire par le
groupe carboxylate.
De nombreux exemples de capture de complexes-
par des nucléophiles ont été découverts
au cours des études sur la nitration des benzènes allylés
dans l'acide acétique. Par exemple la nitration à 3°C
donne la formation du composés 4, dans lequel l'acétate
est le nucléophile.
Le schéma de mécanisme général esquissé
dans le paragraphe précédent doit être complété
par des détails spécifiques pour pleinement décrire
le mécanisme d'une substitution électrophile particulière.
La question de la nature de l'électrophile actif de chaque
réaction est d'importance. Le cas décrit est la nitration,
dans laquelle, dans de nombreuse circonstances l'électrophile
est l'ion nitronium. La même question doit être affrontée
dans les autres processus de substitution. Les autres points importants
portent sur, la capacité de l'électrophile à orienter
la substitution sur les différents sites des cycles aromatiques
substitués et les différences de réactivités
des benzènes substitués envers les électrophiles.
stabilisation par groupe alkyle
stabilisation par hétéroatome
stabilisation par groupe vinyle
avec électrons non liants
A cause de l'interaction directe
entre le substituant et la charge développée dans le
complexe
les valeurs quantitatives des effets de substituant
ont de fortes composantes de résonance. Les équations
de Hammett donnent de bonnes corrélations avec les valeurs
+.
Les groupes électroattracteurs ralentissent les substitutions électrophiles. Les substituants classés dans cette famille comprennent divers groupes carbonylées, où le carbonyle est directement relié au cycle, ainsi que les hétéroatomes qui ne possèdent de paire d'électrons non liantes. A cause de la conjugaison directe entre ces groupes et les positions para et ortho, l'attaque électrophile se produit d'abord en méta, position moins désactivée que les deux autres.
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Quelques substituants, les halogènes, ralentissent la vitesse de réaction mais orientent les électrophiles en ortho et para. Ceci est le résultat des influences opposées des effets de champs et de résonance. Les halogènes sont plus électronégatifs que le carbone, il en résulte une densité électronique diminuée sur le cycle. Le dipôle carbone-halogène s'oppose au développement d'une charge positive dans le cycle. Toute réactivité envers les électrophiles s'en trouve réduite. Mais les paires d'électrons non liants des halogènes n'en stabilisent pas moins préférentiellement les états de transitions correspondants aux substitutions en ortho et en para. En conclusion les halogènes sont désactivants et ortho/para directeurs.
Ces effets d'activation/désactivation et d'orientation peuvent
être présentés en termes d'orbitales moléculaires.
La discussion peut être centrée soit sur le complexe
, soit sur le substrat aromatique. Selon le postulat de Hammond, il
est plus judicieux de raisonner sur le complexe
dans le cas ou l'état de transition de haute énergie est
tardif et ressemble au complexe. Pour les électrophiles très
réactifs, avec lesquels l'énergie d'activation est plus faible,
il est plus approprié de considérer l'état de transition
comme plus proche du substrat. Les deux hypothèses sont à
prendre en compte.
Si l'ET est d'une structure voisine du complexe
, il faut le considérer comme un cation cyclopentadiènyle
substitué. L'électrophile localise une paire d'électrons
pour former un liaison
nouvelle. Les orbitales moléculaires selon Hückel ont
été décrites au début du présent chapitre.
Un substituant peut stabiliser le cyclopentadiènyle par don d'électron.
La LUMO est
3 . Cette orbitale a ses plus forts cœfficients en C1,
C3 et C5 du système cyclopentadiènyle. Ce sont les positions
en ortho et para par rapport à la position de l'électrophile.
Les électrons donneurs en C2 et C4 ne stabilisent pas la système
à cause des nœuds des orbitale en ces sites dans la LUMO.
Si on considère maintenant les substituants
-accepteurs, on voit qu'ils déstabiliseront fortement le
système s'ils occupent les positions 1,3,5 du cation cyclopentadiènyle.
L'effet déstabilisant sera moindre sur les positions 2 ou 4.
Les conclusions tirées de cette interprétation sont les mêmes que pour la résonance. Les donneurs sont plus stabilisants des complexes conduisant aux substitutions en ortho et en para, les accepteurs sont moins déstabilisant des complexes conduisant aux substitutions en méta.
Les effets des moments dipolaires des liaisons associées aux groupes
électroattracteurs peuvent aussi être interprétés
en terme d'interactions avec le complexe-
cationique. Les atomes avec les plus gros cœfficients de la LUMO
3 sont les plus positifs. Les interactions défavorables
des moments dipolaires seront les plus fortes sur ces positions. Cet
effet est celui des groupes carbonyles, cyano, et nitro. Avec les substituants
éther et amino, l'effet dipolaire défavorable est dépassé
par l'effet stabilisant de la paire d'électrons sur
3.
Ces effets de substituant s'appuient sur les calculs D'OM au niveau STO-3G.
Une réaction isodesmique correspondant au transfert d'un proton
d'un complexe-
substitué vers un non substitué donne une idée
de la valeur et du sens de l'effet du substituant. Les résultats
sont donnés dans le tableau ci-après.
Tableau II Energie de réaction pour le transfert de proton d'un benzène substitué
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Ces calculs de différences d'énergie sont en bon accord
avec les valeurs de
+. Le paramètre
(
= - 17 ) est supérieur à la valeur expérimentale
pour un échange de proton (
- 8 ). On peut interpréter cet écart par le fait que le
résultat théorique suppose la phase gazeuse, alors que la valeur
expérimentale implique un solvant qui nivelle les effets de substituants
par solvatation.
Les calculs HMO comme les autres méthodes plus élaborées
peuvent être appliqués aux conséquences de la
position de la substitution électrophile dans les molécules
aromatiques. L'approche la plus directe est de calculer l'énergie
de localisation. C'est la différence entre l'énergie
de la molécule aromatique et l'énergie du complexe-
intermédiaire. Dans le calcul de Hückel simple, l'énergie
de localisation est la différence entre l'énergie
calculée pour le système
initial et celle restant après que deux électrons et
le carbone du site de substitution aient été enlevés
du système conjugué.
La comparaison des énergies de localisation a souvent été employée aux prévisions de réactivité relative dans les hydrocarbures polycycliques aromatiques. Le succès des calculs HMO simples est assez marginal. CNDO/2 et les calculs SCF pour tous les électrons donnent des résultats plus proches des données expérimentales sur la vitesse d'échange des protons.
Maintenant considérons les cas d'un électrophile très
réactif, avec lequel on s'attend à un état de
transition précoce. Dans ce cas la densité de charge
et les cœfficients de la HOMO caractéristique du substrat aromatique
sont considérés comme les facteurs déterminants
de l'orientation de l'attaque électrophile. L'état de
transition ressemble au substrat et selon la théorie des orbitales
frontières, l'électrophile attaque la position ayant le
plus fort cœfficient de la plus haute orbitale moléculaire occupée
(HOMO). Le cas de l'anisole donne un bon exemple de réactivité.
Les calculs de MO placent la paire de l'oxygène en dessous de
l'orbitale aromatique
, donnant le schéma suivant.
La dégénérescence des deux niveaux
occupés les plus élevés du benzène,
est levée dans l'anisole à cause de l'interaction préférentielle
du méthoxy avec l'un d'entre eux. L'autre a un nœud sur le
site de substitution du méthoxy. Les cœfficients des deux plus
hautes orbitales
occupées de l'anisole et d'autres dérivés, sont
donnés dans le diagramme suivant. (Calcul CNDO/2).
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plus élevé |
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unit. Atom. |
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niveau le plus élevé |
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On constate que la HOMO a ses cœfficients les plus élevé aux positions ipso,ortho et para . Comme pour l'anisole, l'énergie de ces orbitales est augmentée par les interactions avec les groupes substituants donneurs d'électrons. La figure suivante donne la répartition totale des électrons p d'après les calculs STO-3G.
Groupes donneurs
Groupes attracteurs
Les groupes donneurs montrent des densités électroniques accrues en ortho et para. A la fois les cœfficients des HOMO et les distributions totales de charges prévoient une attaque préférentielle des électrophiles sur ces positions par rapport au substituant quand il est donneur.
Quelques exemples de substituants attracteurs sont aussi présentés.
Comme prévus les accepteurs abaissent le niveau d'énergie
des orbitales
. Cependant la distribution électronique de la HOMO est augmentée
en position para. La charge totale quant à elle est plus fortement
diminuée en ortho et para. La plus faible énergie de la
HOMO est cohérente avec la baisse, observée, de réactivité
des cycles substitués par des groupes électroattracteurs.
La distribution de la HOMO prédirait, si on utilisait la théorie
des orbitales frontières une substitution erronée en para.
Les cycles aromatiques substitués par des accepteurs sont, relativement,
peu réactifs, et par conséquent donneront moins facilement
un état de transition précoce. Pour ces composés les
considérations sur la stabilité des complexes-
qui prévoient une substitution en méta sont donc plus
appropriées.
Les substituants qui ne sont pas directement liés au cycle aromatique
peuvent aussi influencer l'évolution d'une substitution électrophile
aromatique. Plusieurs groupes alkyle portant des substituants électroattracteurs
sont méta directeurs et désactivants. Dans ces molécules
la stabilisation du complexe-
ortho ou para par apport d'électrons du groupe alkyle, s'oppose
à l'effet attracteur d'un substituant électronégatif.
A la fois la densité réduite sur alkyle par l'effet attracteur
et l'effet de champ réduisent l'apport d'électron du groupe
méthylène. Quelques exemples sont donnés dans le tableau
suivant.( mesure de la proportion de nitration en méta).
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En résumé, les relations entre les substituants et les réactions de substitution électrophile typiques, comme celle du tableau I sont les suivantes.
1-Les groupes hydroxyles ou amino sont puissamment activants et ortho para directeurs. De tels composés sont attaqués par tous les réactifs électrophiles du tableau I. Avec certains réactifs toutes les positions ortho et para disponibles sont substituées.
2- Les groupes alkyles, amido, alkoxy sont activants et ortho para directeurs mais pas aussi fortement que les membres du premier groupe. Les conditions d'utilisation pour une synthèse sélective sont possibles pour presque tous les électrophiles du tableau I sauf les très faibles, NO+ et Ph-N2+.
3- Les halogènes comme cité plus haut sont à part ils sont désactivants et ortho para directeurs. En général les halogéno-aromatiques réagissent avec les réactifs des catégories A et B du tableau I.
4- Le groupe carbonyle des aldéhydes, des cétones, des acides, des esters et des amides est désactivant et méta directeur. Il y a une nette différence selon le type de réactif pouvant donner des résultats avec ces substituants désactivants En générale seule ceux de la catégorie A réagissent facilement.
5- Les groupes cyano, nitro et ammonium quaternaire sont fortement désactivants et méta directeurs. Les substitutions avec ces substrats requièrent des conditions particulièrement vigoureuses et échouent avec tous les électrophiles sauf les plus forts.
Tableau III: Proportion d'isomères formés par nitration de benzènes substitués
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Puisque la nitration a beaucoup été étudiée sur de nombreux substrats, elle s'avère adaptée à l'illustration des effets d'orientation. Les conditions de réaction étant différentes, la validité des comparaisons en souffre, mais la tendance est claire néanmoins. Il faut aussi se rappeler que les autres électrophiles, bien que suivant qualitativement la même tendance, donnent des différences de régiosélectivité quantitativement importantes. (Tableau III)
La comparaison des effets se quantifie en utilisant le facteur de vitesse partielle. Si on compare la réactivité de chacune des positions d'un aromatique substitué avec le benzène en mesurant la vitesse globale rapportée à celle du benzène dans des conditions identiques, et en la répartissant en fonction des pourcentages de composés ortho, méta et para obtenus, compte tenu des probabilités d'attaque, on définit le facteur de vitesse partielle.
facteur de vitesse partielle : f = (6).(k sub)(frac produit) / (y)(k benz)
Le rapport (6)/(y) est le rapport statistique correcteur du nombre de
positions totales (6) et du nombre de positions différentes (y) conduisant
au même isomère.
ksub et kbenz sont les constantes de vitesse globale de
l'aromatique concerné et du benzène .
frac produit est la fraction d'isomère formé
par rapport au total de produit mesuré en moles
Exemple/ nitration du toluène.
Si on obtient 66% de dérivé ortho, 34% de para
et 3% de méta
On a y = 2 positions donnant le dérivé ortho,
2 pour le méta et 1 pour la para
et ksub/kbenz = 23 dans l'anhydride
acétique et l'acide nitrique.
Il vient alors:
fortho= (6/2) x (23/1) x (0,63) = 43,5
fméta= (6/2) x (23/1) x (0,03) = 2,1
fpara= (6/2) x (23/1) x (0,34) = 46,9
Cette grandeur donne un point de vue précis sur deux aspects de la réactivité: la sélectivité électrophile/substrat, et la sélectivité électrophile/position pour un même substrat.
Sélectivité électrophile/substrat. Certaines réactions ont une forte sélectivité, les vitesses varient beaucoup selon les substrats. En général, une faible sélectivité est reliée à une forte réactivité de l'électrophile et réciproquement. Une forte sélectivité correspond à des facteurs de vitesses très différents de 1.
Sélectivité électrophile/position pour un même substrat. Une corrélation existe entre la position et la sélectivité du substrat. Les électrophiles donnant une forte sélectivité donnent généralement des rapports ortho/para faibles et des proportions en méta négligeables. Une forte sélectivité avec le substrat s'accompagne d'une forte sélectivité de position. Les électrophiles très réactifs ont tendance à donner de faibles sélectivités de substrat et de faibles sélectivités de position. (Tableau IV)
Tableau IV Sélectivité de quelques substitutions électrophiles aromatiques.
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| Nitration | |||
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Le facteur le plus significatif en terme de substrats est fp, puisque le terme fo comporte des composantes stériques. Selon ce critère l'halogénation et l'acylation ont une forte sélectivité, la protonation et la nitration sont intermédiaires, et l'alkylation donne une faible sélectivité.
La réactivité et la sélectivité sont en grande partie déterminés par la position de l'état de transition, selon les coordonnées de la réaction.
A
B
Avec les électrophiles très réactifs,
l'état de transition est rapidement formé, (cas A),
il est alors davantage proche du réactant que du complexe-
. La charge positive du le cycle est petite et il en découle
une faible interaction cycle-substituant.
Avec les électrophiles peu réactifs, l'état de transition
est tardivement formé, (cas B), il est alors davantage proche
du complexe-
que du réactant. La liaison avec l'électrophile
a un plus grand caractère
. La charge positive sur le cycle est plus forte et il en découle
une forte interaction cycle-substituant. Ces arguments suivent les
postulats de Hammond et les calculs (STO-3G) retrouvent ces prévisions
qualitatives en révélant une plus grande stabilisation
des positions ortho et para du toluène quand l'électrophiles
s'approche plus près du cycle.
Les corrélations de Hammett donnent un autre éclairage sur
la réactivité et la sélectivité des SEAr.
En général, la constante
standard donne de faibles corrélations avec les réactions
impliquant une SEAr. Les valeurs de
+, qui reflètent une importante
interaction de résonance donnent de meilleurs résultats,
c'est d'ailleurs leur raison d'exister. On a suggeré une relation
entre la pente
de la droite de corrélation entre les vitesses de réactions
et
+. avec la position de l'état
de transition selon les coordonnées de la réaction. L'analyse
est la suivante. Une valeur grande de la pente
correspond à un fort effet de substituant, donc un état
de transition tardif de type complexe-
. Une valeur faible de la pente
correspond à un petit effet de substituant, donc un état
de transition précoce de type complexe-
. La table suivante donne quelques valeurs de
pour les principales SEAr.
Valeurs de
pour quelques substitution électrophiles aromatiques.
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Ces données indiquent que l'halogénation a les caractéristiques d'une substitution électrophile fortement sélective, la nitration et l'acylation de Friedel et Crafts ont une sélectivité moyenne, et l'alkylation est un exemple de faible sélectivité. Ceci est en accord avec les résultats tirés des valeurs des fpprécédents.
Un raisonnement purement statistique conduit à un prévision de 66/33% sur le nombre de positions possibles.
Mais le complexe-
d'une protonation n'a pas une distribution de charge identique en
ortho (0,25) et en para (0,30) d'après Olah . Selon ce modèle,
un substituant para a un effet stabilisant de l'intermédiaire
supérieur à un ortho et on doit s'attendre à une proportion
supérieure à 33% pour le produit en para , et inférieure
à 66% pour le produit en ortho, en l'absence d'autre effet. On a
constaté, en effet un rapport o/p de 0,865 = log fo /log fpdans la
protonation (Taylor 1961 à 1973) en accord avec les densités
de charges. Ce modèle est conforté par les rapports o/p
observés avec les benzènes dotés de substituants
méta-directeurs, tous supérieurs à 66/33%. Ces groupes
déstabilisent davantage une forte charge positive (para) qu'une
faible (ortho).
Un autre facteur important est l'encombrement stérique, du au substituant ou à l'électrophile. Les rapports o/p s'effondrent quant l'encombrement est grand. La nitration, dans des conditions identiques, du toluène et du t-butylbenzène donne 58/37 pour le premier et 16/73% pour le second.
Quelques groupes particulièrement encombrants ne conduisent qu'au dérivé para.
Un autre facteur favorise l'orientation para, quand le groupe électro-donneur possède un doublet non lié, ce qui est fréquent. Les formes de résonance, implique soit une forme ortho-quinoïde soit une para-quinoïde. Cette dernière plus stable accroit la stabilité de l'intermédiaire correspondant.
Forme o-quinoïde p-quinoïde
Il est enfin possible de contraindre la substitution en para, en enfermant l'aromatique dans une cavité dont seule la position para sera accessible. L'anisole est ainsi chloré dans une solution de cyclodextrine. On atteint un rapport o/p de21, 6 alors qu'il est de 1, 48 sans cyclodextrine.
Formule de la
-cyclodextrine
Encombrement spatial de la cyclodextrine enroulée selon un cône creux de 6,2 Å de diamètre intérieur
Effet isotopique.
Un autre aspect du mécanisme est fourni par la mesure
de l'effet isotopique. En particulier puisque l'effet isotopique primaire
n'est prévu que dans le cas où la décomposition
du complexe-
est l'étape déterminant la vitesse, l'observation
d'une valeur élevée de kH/kD
confirme une déprotonation déterminante. Les valeurs
mesurés sont présentées dans le tableau suivant.
Tableau V: Effets isotopiques
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| Nitration | ||
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| Halogénation | ||
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| Acylation | ||
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PhC |
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| Sulfonation | ||
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| Nitrosation | ||
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| Couplage diazoïque | ||
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Tandis que les effets isotopiques sont peu observés pour la nitration et l'halogénation, l'acylation de F&C, la sulfonation, la nitrosation et le couplage diazoïque sont des exemples où la vitesse de l'arrachement du proton affecte la vitesse globale de substitution. Il n'y a que les cas où les réactions concernent de faibles électrophiles, à savoir la nitrosation et le couplage diazoïque, où l'effet isotopique est du domaine prévu pour une déprotonation complètement déterminante.
En résumé, quatre types de profils particulier existent pour les SEAr:
A- L'étape déterminante est la production de l'électrophile. C'est le plus facile à identifier par la cinétique. La loi de vitesse est indépendante des concentrations d'aromatique.
B- L'étape déterminante est la formation du complexe-
avec un électrophile de faible sélectivité.
La loi de vitesse dépend des concentrations d'aromatique et d'électrophile.
De plus la faible sélectivité est caractérisée
par une valeur de
faible et de petits facteurs de vitesse partielle.
C- L'étape déterminante est la formation du complexe-
avec un électrophile de forte sélectivité
donnant un état de transition tardif.
D- L'étape déterminante est l'arrachement du proton et la réaromatisation. Ce qui va être caractérisé par un effet isotopique primaire sur le site de substitution.
(A) formation de l'électrophile
contrôlante (B) formation du complexe-
contrôlante (électrophile non-sélectif)
(C) formation du complexe-
contrôlante (D) dépronotation
contrôlante (électrophile sélectif)
Les calculs d'OM estiment les énergies de délocalisation du benzène, naphtalène et anthracène à respectivement 36,3; 15,4; et 8,4 kcal.mol-1 (152; 64; et 35 kj.mol-1).
La stabilité relative de l'intermédiaire détermine les positions de substitution en cas de contrôle cinétique. Pour le naphtalène le site préférentiel est la position 1. Deux facteurs peuvent entraîner une substitution en 2. Si l'électrophile est très encombrant, l'hydrogène du site voisin donne alors une préférence stérique pour le site 2. Dans les conditions de substitution réversible le contrôle devient thermodynamique et la position 2 est souvent préférée. Par exemple, la sulfonation à basse température donne l'isomère en 1 alors que celui en 2 est obtenu à température plus élevée.
Le phénanthrène et l'anthracène réagissent
tous deux de préférence sur le cycle central. Ceci
peut être prévu par de simples considérations
de résonance. Les complexes-
obtenus gardent deux cycles benzéniques intacts. L'énergie
de stabilisation aromatique de ces intermédiaires est plus grande
que si la substitution se fait sur un cycle terminal.
défavorisé (deux isomères possibles) favorisée
défavorisé (quatre isomères possibles) favorisée
Le phénanthrène comme l'anthracène ont tendance à donner des réactions d'addition dans les conditions habituelles de certaines substitutions électrophiles. L'halogénation et la nitration de l'anthracène en milieu HCl donne un intermédiaire d'addition isolable.
Les composés hétéroatomiques. Ils sont divisés
en deux grands groupes appelés
-déficient et
-excédentaire, dépendant du
caractère électro-donneur ou accepteur de l'hétéroatome.
Le furane, le pyrrole, le thiophène, et d'autres contenant
un azote, un oxygène, ou un soufre dans une structure aromatique
où ils apportent deux électrons p sont
-excédentaires. Cette classification est confirmé par
les structures de résonance et les calculs d'OM.
L'ordre des réactivités est pyrrole
> furane > thiophène, il indique un ordre N > O >
S de la capacité à fournir des électrons. L'ordre
O > N se comprend par l'électronégativité, pour
O > S il s'agirai plutôt d'un meilleur recouvrement n-
des orbitales, les orbitales 2p du O serait géométriquement
mieux disposées que les 3 p du S pour recouvrir les 2p du
carbone.
Les structures comme la pyridine, qui comportent l'unité structurale
-N=CH- sont
-déficientes et sont désactivées pour
les attaques électrophiles. Là encore l'interprétation
par la mésomérie est suffisante.
L'azote étant plus électronégatif
que le carbone, est plus accepteur d'électrons
. Un autre facteur joue de façon importante pour expliquer
la faible réactivité de la pyridine et de ses dérivés
dans les substitutions électrophiles. L'unité structurale
-N=CH- est basique puisque la paire d'électrons de l'azote ne
fait pas partie du système
. L'azote peut donc fixer un proton ou être complexée
par un acide de Lewis, dans les conditions types de la substitution électrophile
aromatique. La charge positive formelle sur l'azote, qui en découle,
réduit la réactivité envers les électrophiles.
Cycles à 5 membres. La sélectivité sur ce type de cycles simples est habituellement 2 > 3. Ceci reflète la conjugaison plus favorable de la forme A que de la forme B. Dans le forme A les doubles liaisons C=C restantes peuvent délocaliser la charge positive plus efficacement que dans B.
A B
Cependant les substituants sur le cycle peuvent facilement diriger les effets d'orientation.
Pour la pyridine la réactivité envers les SEAr est 3 > 4, 2. L'azote du cycle agit comme un substituant interne, attracteur d'électrons, fortement déstabilisant pour les intermédiaires conduisant aux substitutions en 2 ou en 4. L'azote désactive aussi la position 3, mais moins que les 2 et 4.
très défavorable très défavorable moins défavorable