Composés saturés du carbone et de l'hydrogène uniquement
- hybridation sp3 du carbone
- angle des liaisons de 109°,28'
- longueur des liaisons C-C 1,54 Å et C-H 1,10 Å
- énergie moyenne de liaison C-C 410 Kj.mol-1
La régularité de la densité électronique le
long de ces liaisons
fortes rend ces composés peu réactifs, notamment avec
les composés ioniques habituels acides et bases. Leur ancien nom
de paraffine traduit cette faible activité chimique.Ils réagissent
le plus fréquemment selon des processus radicalaires
Etat physique. Ce sont , à la pression atmosphérique,
des gaz jusqu'au C4 (butane) des liquides, jusqu'à C17 et des solides
au delà. Ils se présentent alors comme une huile lourde et
leur point de fusion n'excède pas les 100°C. Il faut noter que
les molécules ramifiées sont plus volatiles que les linéaires.
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fusion °C |
d'ébullition °C à 1 atm. |
non exclusive dans |
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Gaz Nat.Liquéfié |
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Données Thermodynamiques:Négligées en thermodynamique
élémentaire, les variations d'énergie de liaison ont
une importance fondamentale pour la réactivité. Les liaisons
C-C ou C-H ont des énergies reliées à la position de
la liaison dans la molécule. Les effets inductifs, de champs, l'hyperconjugaison
justifient ces variations mesurables, dont les valeurs sont les suivantes.
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H° kj.mol-1 |
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H° kj.mol-1 |
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Ces variations prennent une ampleur plus nette quand ces liaisons sont voisines d'une insaturation ou séparées d'une insaturation par un seul carbone sp3. ( Voir délocalisation/mésomérie).
Ces effets sont aussi mesurables dans les longueurs de liaisons.
Nomenclature
suffixe ane préfixe selon le nombre de carbone de la chaîne la plus longue
1C méth 5C pent au delà préfixes
grec
2C éth 12C dodéca
3C prop 10C déca
20C eicosa
4C but 11C undéca
Sources naturelles: Liées au cycle du carbone et au processus vivant. Du plus récent le méthane des marais, les macromolécules d'humus et de tourbe, le pétrole et le gaz naturel, au plus ancien, le charbon ainsi que les composés saturés de la houille source de gaz et de goudrons, ce sont des alcanes.L'aromatisation est liée à la pyrolyse du charbon.
Isoméries voir chapitres précédents. A noter le nombre déjà fabuleux d'isomères possibles avec ces molécules 75 isomères à 10 carbones et 366 319 avec 20 carbones.
Le premier ramifié apparaît avec 4 carbones : 2-méthylbutane.
Le premier carbone asymétrique avec 7 carbones : 3-méthylheptane.
Le premier composé à deux C* avec 8 carbones : 3,4-diméthylhexane
Données spectrales.
Infra-Rouge: Seules présentes les
liaisons C-C et C-H
Les élongations (stretching) des C-C donnent des bandes de faible
amplitude de 1200 à 800 cm-1 .Les déformations angulaires
très faibles sont au desous de 500 cm-1 .Elles sont de
peu d'intérêt pour l'identifications.
Les élongations du C-H apparaîssent entre 3000 cm-1
et 2840cm-1.
Les méthyles -CH
3 2962cm-1
as et 2872cm-1
s forte amplitude
Les méthylènes -CH2-
2926cm-1
as et 2853cm-1
s ne variant pas de positions sauf pour les cycles tendus
Les déformations des -CH3 1450cm-1
s et 1375cm-1
as elles se déplacent en présence de groupes fonctionnels.
Les déformations des -CH2- 1465cm-1
s et 720cm-1 rocking .
Le C-H tertiaire n'apparaît que sur les alcanes ramifiés
élongation à 2890cm-1 faible.
D'autres bandes sont caractéristiques de gem-diméthyles
et des alcanes cycliques. (Voir Silverstein-Basler-Morill de Boeck 1998,
en français).
Les dérives halogénés donnent des alcanes par perte
de l'halogène, ou par condensation de deux molécules.
a/ hydrogénation sous pression ou en présence de
catalyseurs, nickel, platine, palladium.
b/ Formation puis décomposition d'un organomagnésien.ou d'autres organométalliques.
R- + A-H*
RH + A- avec H* hydrogène mobile
pk a de AH< 30/40
c/ Sous l'action d'un métal électropositif CONDENSATION
de deux molécules de dérivé halogénés.
Utilisation de dérivés iodés, rendements généralement
faibles sauf cas particulier. Conduit à des mélanges si R
est différent de R'on obtient: R-R, R-R', R'-R'.
Réaction de WURTZ. (intérêt surtout historique).
d/ Réaction de GRIGNARD même bilan, mais pas de mélanges et rendements convenables.
e/ Hydrogénation des insaturés alcénes, alcynes, et benzèniques.
Alcènes ; H2 et catalyseur syn-addition à 25°C et 1 atm. (H- ne réduit pas les alcènes).
f/ alcynes ; idem double addition
g/ benzéniques ; plus difficile pression 100 atm et température de 150°C nécessaires
h/ dérivés carbonylés, acides et dérivés
pyrolyse des sels de sodium
i/ dérivés carbonylés, cétones et aldéhydes
réduction par le zinc amalgamé (Hg) en milieu acide (ou
HCl anhydre). Réaction de CLEMMENSEN
autre voie : Réaction de WOLF-KISCHNER ; Bilan identique en passant par un hydrazone (voir chap. cétones et aldéhydes.)
Mécanisme de la décomposition baso-catalysée de l'hydrazone.
j/ Synthèses industrielles à partir du charbon, du gaz naturel ou du pétrole via le gaz à l'eau.
C +H2O
CO+H2 Gaz à l'eau au dessus de 1100°C
ou CH4 + H2O
CO+ 3H2 Conversion du méthane à haute température,
principale source d?hydrogène actuelle.
Qui peut être suivie de CO +H2O
CO2 + H2 si le besoin en hydrogène
est grand.
Mais le gaz de synthèse a de nombreuses applications dont la synthèse
de méthanol qui est produit à plus de 20 millions de t/an
dans le monde
CO + 2H2
CH3OH sur des catalyseurs métalliques ZnO/Cr
2 O3
Ce gaz permet aussi la synthèse d'essences saturées, d'alcènes
et d'alcools a plusieurs carbones.
et n CO +(2n+1) H2
CnH2n+2 + nH2O Essences de synthèse
FISCHER-TROPSH, sur catalyseurs métalliques.
n CO + 2n H2
CnH2n + nH2O donnent une famille
d'essences, d'alcènes ou d'alcools selon les catalyseurs employés
et les conditions opératoires.
k/ transformations d'alcanes. Voir pyrolyses industrielles en fin de chapitre.
a/ Oxydation: Bien que de peu d'intérêt en chimie cette réaction
est économiquement fondamentale et constitue environ 80% de l'énergie
utilisée sur la planète. (note du rédacteur Le calcul
est surement faux, mais il est accepté. Bois et Charbon représentent
une forte consommation énérgétique, mais ne sont pas
toujours comptabilisés, certaines huiles sont utilisées aussi,
ne sont pas des alcanes. Quoi qu'il en soit celà fait quand même
une grande quantité d'énergie).Avec une consommation de 97,4
millions de tonnes en 1997, le pétrole représente 41% de l'énergie
primaire consommée en France.Gaz, Essence, gazole, kerosène,
fiouls domestiques et lourds sont des alcanes. En dehors du nucléaire
et du charbon, il y a aujourd'hui peu d'autres ressources utilisées,
bien que les énergies solaires, géothermiques, éoliennes,
hydrauliques soient potentiellement suffisantes. Cette énergie possède
des qualités de transport, de stockage et d'utilisation en tout lieu
où l'oxygène est abondant et l'aération facile, difficilement
remplaçables. Il faut garder à l'esprit que l'électricité
est un mode d'utilisation, mais pas une source d'énergie.L'électricité
autorise surtout le transport et une consommation partagée plus rationelle
de l'energie pétrolière, charbonière ou nucléaire.
Les économies d'énergies sont la première cause du maintien
de la production pétrolière. L'émergence des énergies
nouvelles est ralentie par la "crise" écomomique (report d'investissements),
et le rendement des convertisseurs. Rappelons tout de même le rôle
de l'energie hydroélectrique en Suisse, au Canada, au Brésil,
en Chine entre autres, et les progrès de l'énergie éolienne
en Hollande, au Danemark et en Allemagne du Nord.
La question de l'effet de serre et du réchaufement climatique
de la planète, risque de remettre en question l'utilisation massive
à des fins énergétiques des combustibles fossiles.
La réaction d'oxydation est une réaction radicalaire.
CnH2n+2+ (3n+1)/2 O2
nCO2 + (n+1)H2O + 50 kj.g-1 (12 kcal.g
-1)
b/Réactions avec les halogènes.
La molécule d'alcane est une molécule peu ou pas polaire,
constituée de liaisons
identiques très peu polarisables. Elle marque une tendance nette
à réagir selon un processus radicalaire. Ce type de réaction
doit être initié par la formation de radicaux libres, soit par
voie photochimique soit par voie thermique, ou enfin par la décomposition
d'un initiateur donnant facilement des radicaux, par exemple le phosphore
ou les peroxydes.
Dans l'ensemble alcane plus halogène, c'est l'halogène qui constitue la molécule de plus faible énergie de liaison. C?est donc lui qui va subir la première rupture, qui constitue la phase d'initiation.
Les deux réactions A et B constituent un processus qui doit être
exothermique pour que la réaction se propage. Il est donc nécessaire
de considérer le bilan selon la nature de l'halogène.
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H° X2 kj.mol -1 |
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Les halogènes vont réagir très différemment Cl et Br donnent un composé de substitution, tandis que l'iode ne réagit pas, quant au fluor la réaction est tellement exoénergétique que la structure de l'alcane est généralement détruite, la cinétique très rapide conduit à la formation de carbone pulvérulent avec très peu de CF4 ou de produits de substitution. Le fluor entraîne la destruction de la molécule. Les réactions de fluoration sont néanmoins possible avec des concentration faibles de fluor, à très basse température.
F2 + CnH2n+2
nC + (2n+2) HF Explosif peu d'intérêt en synthèse.
Halogénation
Cl2 + CnH2n+2
CCl4 + CHCl3+ CH2Cl2
+ CH3Cl + HCl réaction initiée par h
, radicalaire, en chaîne.
avec Br2 + difficile, I2 rien directement et réaction inverse spontanée.
Cette réaction n'est pas infiniment entretenue car certains chocs l'arrêtent, c'est le cas de la rencontre de deux radicaux. Malgré l'énergie importante libérée sa dispersion échauffe le mélange gazeux, mais fournit très peu de radicaux. C'est la phase d'arrêt.
Il y a aussi d'autres réactions analogues à A ou B avec R-R, mais l'ensemble est régit par les lois statistiques et on peut légitimement négliger ces réactions dans une première approche du phénomène.
Par contre on ne peut négliger les différences d'énergies
vue en début de chapitre selon la nature des liaisons C-H.
Si les liaisons C-H ont des énergies de liaisons différents
les réactifs radicalaire vont se substituer de préférence
aux hydrogénes ayant la plus faible énergie de liaison. Elle
vont induire une sélectivité de position, dite
régiosélectivité, d'autant plus grande que
la réaction sera faiblement exoénergétique. En plus
simple la fluor qui est très réactif est peu sélectif
, tandis que le brome peu réactif est très sélectif.
Quand la réaction avec l'halogène est réalisée, la mesure de proportion des isomères obtenus renseigne sur les vitesses relatives de substitution selon la position des H. La comparaison avec un modèle statistique dans lequel toute les substitutions sont équiprobables donne une mesure des vitesses relatives réelles. Par exemple la monochloration du propane à 300°C devrait donner 6 possibilités de substitution en 1-chloropropane pour deux possibilités en 2-chloropropane soit une proportion de 6/8= 75% pour 2/8= 25%. Les rapports expérimentaux étant beaucoup plus élevés pour le 2-chloropropane on en déduit que la vitesse de substitution sur la position 2 est plus grande que sur la position1.
Vitesses relatives (1 pour H sur C primaire) de substitution radicalaire avec les halogènes.
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25°C gaz |
25°C gaz |
250°Cgaz |
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| rapport tertiaire/unaire | 2,8 | 1250 | 850 000 |
Le brome qui est le moins réactif est le plus sélectif , il réagit quasi exclusivement quand le choix est possible sur la position tertiaire, tandis que le fluor très réactif est peu sélectif et réagit sur toutes les positions possibles.
Les résultats expérimentaux de l'halogénation radicalaire
avec le fluor du 2-méthylpropane sont de 14% de 2-fluoro-2-méthylpropane
pour 86% de 1 fluoro-2-méthylpropane, tandis qu?avec le brome 99%
de 2-bromo-2-méthylpropane pour moins de 1% de 1-bromo-2-méthylpropane.
Les rapports statistiques sont de 10% pour la substitution en 1 pour 90%
pour la substitution en 2.
| Rapports statistiques |
avec F2 |
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Il y a 9 hydrogènes fixés sur un C primaire sur 10
au total soit 90%
Il y a 1 hydrogènes fixé sur un C tertiaire sur 10 au total soit 10% |
14% |
99% |
On voit que le fluor donne une composition en produit très proche du calcul statistique.
D'autres réactions d'halogénations radicalaires par voie thermique sont possibles dans le cas de radicaux très stables, notamment les chlorures allyliques et benzyliques sont préparés par cette voie vers 300 à 400°C. Même en compétition avec d'autres hydrogènes les produits obtenus correspondent à ces positions particulièrement réactives.
c/Nitration à haute température, rendements faibles, favorisée par ramification des chaînes, donne des mélanges.
RH + HNO3
R-NO2 + H2O
d/ Pyrolyses industrielles. (Voir Chimie Organique Industrielle )
CnH2n+2 par chauffage sur catalyseurs spécifiques
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CRACKING |
| REFORMING |
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| STEAMCRACKIING |
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| DÉHYDROCYCLISATION |
1- Un carbure saturé A peut donner deux dérivés X et Y monobromés. Si on traite 2,74g de X par le magnésium dans l'éther anhydre, puis on décompose la solution obtenue par de l'eau, on obtient 1,16g de carbure A. La bromation de X ne peut conduire qu'à trois composés dibromés isomères. Donner la structure de A, de X , et de Y.
2- La dissociation du chlore en atomes nécessite 242 kJ / mol. Calculer la longueur d'onde du rayonnement électromagnétique capable de produire cette dissociation. A quelle température l'énergie thermique moyenne des molécules atteindrait elle cette valeur ?Cp= 29,3 J. °K-1 mol-1 . h = 6,62.10-34Js c = 3 10 8 ms-1 N = 6,022 10 23 mol-1.
3- La chloration à 300°C de l'isopentane sous rayonnement U.V. fournit un mélange d'isomères monochlorés dans les proportions suivantes:
30% de 1-chloro-2-méthylbutane
15% de 1-chloro-3-méthylbutane
33% de 2-chloro-3-méthylbutane
22% de 2-chloro-2-méthylbutane
Comparer ces résultats expérimentaux aux valeurs trouvées en posant dans une première hypothèse une vitesse de substitution égale pour tous les hydrogènes.
De cette comparaison tirer les vitesses de substitution relatives pour l'hydrogène selon sa position (H fixé sur un carbone primaire secondaire ou tertiaire). Interpréter ce résultat, et donner les vitesses relatives de substitution. A partir de ces valeurs, prévoir la composition du mélange obtenu dans la monochloration du 2,2,4-triméthylpentane.
On comprendra à cette occasion l'emploi de cet isomère comme référence dans la mesure du pouvoir antidétonant des carburants de moteurs d'automobile, appelé indice d?octane.
4- Calculer le nombre d'isomères des alcanes non-cycliques possédant un nombre total de carbones allant de 1 à 7 inclus.
5- Calculer le nombre d'isomères des alcanes à 15 carbones totaux et possédant une chaîne principale de 12 carbones et plus.