L'interactivité des deux fonctions. Il est inutile d'étudier ce qui a déjà été vu, si les fonctions réagissent indépendamment .
Et l'importance biologique d'un nombre restreint d'acides, tous
-aminés, qui sont les constituants de la matière
vivante.
On ne verra ici que les acides
-aminés, qui sont les monomères des polyamides,
et les acides
-aminés naturels.
Les acides
-aminés outre la polymérisation, réaction intermoléculaire
peuvent donner lieu à cyclisation, réaction intramoléculaire.
C'est le cas de l'acide 6-aminocaproïque qui se cyclise en amide
interne ou lactame en donnant le caprolactame. C'est un acide à
6 carbones, linéaire possédant une fonction amine primaire
en C6. (6-aminohexanoïque).
Cette synthèse est sans grand intérêt, car on produit, dans l'industrie, d'abord le caprolactame. La réaction connue depuis 1900, est un réarrangement de Beckmann à partir de l'oxime de la cyclohexanone.
Le réactif est un composé acide et beaucoup ont été employés, (H2SO4, HCOOH, SO2 liq etc.). Le groupe migrant est généralement le groupe anti par rapport à OH. Le mécanisme suppose une protonation de l'hydroxyle, la migration de R- avec son doublet d'électron vient compenser la perte du doublet éliminé avec l'eau.
Une molécule d'eau neutralise l'ion en formant la forme tautomère de l'amide.
La synthèse du caprolactame à partir de la cyclohexanone est la suivante:
Le caprolactame est ensuite polymérisé en chaîne pour donner le Nylon 6 ou Perlon
Un autre polyamide est préparé à partir d'un
-aminoacide, il s'agit du Rilsan. Le monomère est tiré
de l'huile de ricin, qui est saponifiée et donne un acide gras l'acide
ricinoleïque, ou d-hydroxy-12-octadécène-9-oïque
cis.
La pyrolyse de cet acide conduit à l'undécilène-9-oïque.
Il est bromé selon Karash en bout de chaîne puis aminé en amino-11-undécanoïque.
Polymérisé, il donne le nylon-11 ou Rilsan.
Les autres nylons,(6-6, 6-10; Kevlar) seront vus en chimie industrielle.
Leur nom relève de la biologie/biochimie et doit être
pris comme tel.
Sauf un, la glycine, tous possèdent un carbone asymétrique. Tout en ayant des pouvoirs rotatoires différents (lévogyre ou dextrogyre), tous appartiennent à la série L.
Ils ont des propriétés acido-basiques particulières car ils possèdent à la fois un groupe acide et un groupe basique.
En milieu OH- la fonction acide libère son proton
En milieu H+ la fonction amine capte le proton
Les pK des deux fonctions étant différents,
dans les conditions habituelles de pH les deux ions coexistent simultanément
sur la même molécule. Cet ion est appelé sel interne
ou "zwitter-ion". Des équilibres sont déplacés en
milieu fortement acide ou fortement basique. Mais l'équilibre en
milieu neutre entre la forme ionique et le forme moléculaire ne
dépend que de la structure de l'acide aminé.
Le comportement au cours d'une électrolyse
d'une solution dépend du pH, puisque l'acide peut être plus
chargé sur un site que sur l'autre, il se déplace dans ce
cas vers l'électrode de signe contraire. Il arrive donc que pour
une valeur donnée du pH les charges s'équilibrent et que
l'acide est équitablement attiré par les deux électrodes
et ne se déplace plus. Ce pH est appelé point isoélectrique.
Cette valeur dépend de la nature de R et cela a permis la mise au
point d'une méthode d'analyse dite Electrophorèse. Quelques
gouttes d'acides aminés sont placées sur une feuille de papier
imprégnée d'un électrolyte à un pH donné.
Selon que son point isoélectrique est en deçà, atteint
ou au delà du pH de l'électrolyte, l'acide migre dans un
sens, reste immobile, ou migre dans l'autre sens quand le courant passe
entre les électrodes.
Enfin R n'est pas toujours un groupe hydrocarbure,
il comporte parfois d'autre fonctions dont des acides carboxyliques et
des amines
Voici le tableau des vingt acides aminés naturels les plus courants, d'autres sont plus rares et ne sont pas étudiés systématiquement (ornithine, thyroxine...), ainsi que les pKa et les points isoélectriques
Nom |
Formule |
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elect |
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Aspartique |
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Glutamique |
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Amination d'un acide
-halogéné.
L'acide halogéné réagit via la fonction R-X sur l'ammoniac. Mais nous avons vu que cette réaction conduit généralement à des mélanges d'amines primaires, secondaires et tertiaires. Afin d'éviter cela on utilise la réaction de Gabriel avec la phtalimide.
Une variante intéressante est la combinaison de la synthèse malonique avec la réaction de Gabriel.
Il a été vu (chap. Acides ), que le malonate d'éthyle avec un CH2 inséré entre deux fonctions esters pouvait facilement être bromé. Si une réaction de gabriel est faite sur ce réactif, l'hydrolyse de l'imide substituée va se faire en même temps que celle du diester et fournit de la glycine. Mais le plus intéressant est que cette imide peut encore perdre un proton mobile, qui peut être arraché par une base forte et substitué par un dérivé halogéné. Il est alors possible de faire de nombreux acide aminés.
Halogénation du malonate d'éthyle.
Condensation avec le sel de potassium de la phtalimide
Ce produit hydrolysé conduit à la glycine, mais l'hydrogène restant peut être substitué
Amination réductive d'un acide
-cétonique.
En présence d'ammoniac, d'hydrogène
et d'un catalyseur comme le Nickel, les cétones sont converties
en amines.
Action de HCN et NH3 sur les aldéhydes; Réaction
de Strecker.
1° L'ammoniac réagit sur les aldéhydes
en donnant un imine.
2° L'acide cyanhydrique conduit à une cyanhydrine avec un aldéhyde.
3° Le mélange des deux s'additionne sur l'aldéhyde en donnant un amino-nitrile, qui est hydrolysé en milieu acide en acide aminé.
Toutes ces méthodes donnent le mélange
racémique d'acide aminé qu'il faut ensuite séparer
en chacun de ses énantiomères. On procède en formant
généralement un sel avec une base naturelle énantiomériquement
pure, pour obtenir un mélange de diastéréoisomères
pouvant être séparés par les voies classiques, généralement
une recristallisation fractionnée.
Les progrès en chimie biologique permettent
de disposer maintenant de réactifs enzymatiques, catalyseurs chiraux
très sélectifs. Par exemple à partir de l'acide
2-oxopentanedioïque non chiral on prépare l'acide
glutamique optiquement pur.
La fonction acide donne des sels, des esters et des chlorures d'acides.
La fonction amine primaire donne des amides (avec les chlorures d'acides) et réagit avec l'acide nitreux pour donner une désamination. Cette réaction est mise à profit pour faire un dosage des acides aminés par la mesure du volume d'azote dégagé. (Méthode de Van Slyke).
Les acides aminés au moins en
donnent des lactames ou amide interne.
Mais cette cyclisation intramoléculaire n'est pas possible
avec les acides
-aminés. Ceux-ci donnent des réactions intermoléculaires
entre deux molécules conduisant à une dicétopipérazine.
formation d'une dicétopipérazine
Réaction avec la Ninhydrine.
Très utilisée comme réactif
révélateur des acides aminés en chromatographie.
La ninhydrine est sous forme hydratée la 2,2-dihydroxyindan-1,3-dione,
soit:
La fonction cétone centrale est très électrophile et réagit avec la fonction amine des acides aminés
L'
-aminoalcool perd une mole d'eau, puis une mole de CO2,
en donnant une imine,
Cette imine est hydrolysée et libère un aldéhyde et une amine,
L'amine libérée réagit avec une autre mole de ninhydrine pour donner une nouvelle cétimine,
Ce composé fortement délocalisé est coloré, on le nomme Pourpre de Ruheman. Il est à noter qu'il ne reste qu'un atome d'azote provenant de l'acide aminé initial dans le colorant final.
Les amines primaires donnent une réaction analogue excepté
le départ de CO2 remplacé par une expulsion
de proton.
Les protéines sont des polymères d'acides aminés reliés entre eux par une liaison peptidique, c'est à dire la formation d'une amide entre la fonction acide d'un premier acide aminé et la fonction amine d'un deuxième. Contrairement aux différents polymères rencontrés précédemment le motif n'est pas répété selon une courte période, mais on observe des suites variées d'acides différents, même limité à 20 le nombre de combinaisons est fantastique car le nombre d'acides qui constituent la protéine est lui même considérable. D'où la grande variété de protéines existantes.
Les Peptides sont des protéines de faible dimension, on fixe la limite de façon arbitraire à une masse molaire de 10 000 pour les peptides, tandis que celle des protéines peut atteindre des dizaines de millions.
Peptides ou protéines, on les différencie donc par le nombre, la nature et l'ordre dans lesquels les acides aminés qui les composent se succèdent dans la molécule.
Représentation:
Par convention, les peptides s'écrivent avec l'acide aminé N-terminal (qui a le groupement -NH2 libre) à gauche et l'acide aminé C-terminal (qui a le groupe -COOH libre) à droite.
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Ainsi Gly-Ala signifie:
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On arrive ainsi à représenter des molécules assez complexes comme l'angiotensine II une hormone du sang qui régule la pression sanguine:
Asp-Arg-Val-Tyr-Ile-His-Pro-Phe
En plus de la liaison amide (peptidique), reliant les acides aminés, un deuxième type de liaison covalente se forme entre deux éléments (ou résidus) cystéine, le pont disulfure. Ces liaisons se forment par oxydation d'une fonction thiol et la réaction est réversible , elle s'ouvre par réduction.
Par exemple RSH sous l'action de l'iode se dimérise selon le schéma:
Ces liaisons se forment entre deux chaînes différentes, ce qui aura des conséquences sur la structure, ou créent un pont dans un même chaîne. On note alors la cystéine CyS (en majuscule) et on relie les deux S par un trait.
En présence de mercaptonéthanol HO-CH2-CH2-SH, les ponts de la protéïne sont réduits en RSH et le mercaptoéthanol est oxydé en dimère.
Sous l'action de l'acide performique HCOOOH les ponts disulfures sont coupés et transformés en acides sulfoniques.
Exemple de la Vasopressine, une hormone diurétique, dont l'extrémité se termine par une fonction amide -CO-NH2 sur la glycine et non par un acide libre -COOH.
La fonction du chimiste dans ce domaine est bien sur l'analyse et la synthèse.
Le premier problème est relativement simple et les analyseurs sont maintenant automatisés.
1- Le peptide est d'abord réduit, ou oxydé, afin d'éliminer les liaisons disulfure.
Les dérivés obtenus sont ensuite séparés par différentes techniques.
La Dialyse ou séparation à travers une membrane semi-perméable selon la taille des fractions.
La Chromatographie d'exclusion ou de perméation de gel, sépare elle aussi selon la taille des molécules, mais de façon continue.
La chromatographie sur résines échangeuse d'ion, sépare selon la charge portés par les molécules.
L'Electrophorèse separe elle aussi selon la charge selon un procédé de transport par le courant sur un milieu électrolyte poreux.
2- Les peptides ainsi purifiés sont hydrolysés par une solution d'acide dilué (HCl 6N, 110°C, 24h ). Les liaisons amides sont rompues et les acides aminé libérés. Ils sont analysés qualitativement et quantitativement par chromatographie liquide sur une colonne de résine échangeuse d'ion polysufonatée. La phase éluante est une solution acide dont le pH évolue graduellement de 3 à 6. La détection est réalisée par un spectrophotomètre visible par ajout de ninhydrine à l'éluant. Ce réactif donne un complexe coloré avec les acides aminés.
Le second problème est plus délicat. Il a été résolu par Sanger en 1953 par la détermination de la structure de l'insuline (Nobel chimie 1958), et par Edman
La dégradation de Sanger utilise le 1-Fluoro-2,4dinitrobenzène comme réactif. Ce composé favorise une substitution nucléophile aromatique par addition-élimination par le caractère fortement attracteur des substituants du benzène. Rares ces réactions passent par un intermédiaire d'addition anionique de type,
Sur un peptide, il réagit avec l'extrémité aminée libre en donnant
L'hydrolyse suivante coupe les liaisons peptidiques mais pas la liaison
Ar-NH. On récupère ainsi le dernier
acide aminé de la chaîne.Cette réaction a ouvert la
voie de l'analyse, mais le reste de le chaîne n'est plus relié
et l'information sur sa structure est perdue.
La méthode suivante permet l'analyse de toute la séquence.
La dégradation d'Edman fait appel à un autre réactif
l'isothiocyanate de phényle.
Cette fonction isothiocyanate très sensible aux nucléophiles conduit à une thiourée, par addition du NH sur la double liaison N=C.
Ce composé se cyclise en cycle à 5 éléments par attaque du doublet de l'azote fixée sur le cycle aromatique sur le carbonyle de l'amide. Cela entraîne la rupture d'une seule liaison peptidique et permet de réitérer l'opération sur le partie restante. Ce procédé a pu être automatisé et autorise en routine des séquençages de 20 acides aminés.
D'autre méthodes d'analyse des séquences ont été développées, ce secteur de la recherche est en forte progression.
Il est indispensable de préparer à l'avance ces composes
pour inactiver un des sites fonctionnel avant de les mettre en présence
l'un de l'autre.
La technique du blocage d'une fonction est connue et se doit de
présenter certaines caractéristiques pour être efficace.
Elle doit donner une liaison stable dans le milieu de la réaction
prévue et facile à détruire pour libérer
la fonction bloquée après réaction.
Les réactifs de blocage de la fonction amine sont des dérivés
de l'acide carbonique sous forme de chlorure ou d'anhydride.
Chloroformiate de benzyle, dicarbonate de tertiobutyle
Blocage en milieu basique
Libération par hydrogénation
Le blocage de la fonction acide est fait par une estérification
en ester méthylique ou éthylique, le déblocage
par hydrolyse basique.
La libération se fait aussi en milieu acide aussi doit on
catalyser la réaction sur le groupe amino resté libre en
activant le COOH lui aussi libre. Dans ces conditions on arrive a ne former
que le composé souhaité.
Méthode de Merrifield.
Le procédé précédent
risque d'être relativement lent pour un peptide long, afin de pouvoir
automatiser ces séquences l'emploi d'un support solide a été
developpé par Merrifield (Nobel chimie 1984).
Le polystyrène est un polymère vinylique de structure
. Il est insoluble mais gonfle en présence de solvants de
type dichhorométhane.Ce solvant retenu à la surface du solide
permet une réaction, de ce fait les groupes phényles peuvent
être fonctionnalisés par substitution électrophile
aromatique. On fixe ainsi un CH2Cl par action d'un chloroéther
en présence de SnCl4 comme catalyseur acide de Lewis.
On a pu réaliser ainsi la synthèse de l'insuline avec 5000 opérations élémentaires permettant de fixer les 50 acides aminés dans deux chaînes séparées reliées par des ponts disulfure. Cette synthèse totale fut obtenue en quelques jours. Elle forme avec les méthodes de séquençages elle aussi automatisées le seul moyen de confirmer la structure de peptides et a ouvert une voie nouvelle à la biologie.
Structure des Protéines.
La succession des acides aminés dans la chaîne constitue
la structure primaire. Mais la chaîne peut prendre une conformation
particulière. Il a été constaté deux types
d'arrangements qui constituent la structure secondaire la structure
plissée ou configuration
, et la structure en hélice ou configuration
.
Dans la structure plissée, deux chaînes se placent parallèlement en faisant correspondre les groupes NH d'un peptide avec les groupes CO de l'autre. Il se forme ainsi des liaisons hydrogènes qui assurent une bonne rigidité au système formé.
Dans le structure en hélice, une seule chaîne s'enroule en hélice afin de permettre des liaisons hydrogènes en acides aminés successifs. On trouve en moyenne, 3,6 acides aminés par enroulement avec une période de 5,4 Å.
Enfin une structure tertiaire est formée, impliquant les ponts disulfure, des liaison hydrogènes, des forces de London, des attraction et répulsion électrostatiques et enfin des effets micellaires. Le polymères adopte une conformation mettant en exposition externes ses groupes polaires et minimise l'exposition des groupes apolaires. Cela rend l'ensemble soluble en milieu aqueux. Deux superstructures ont été observées la forme globulaire ( protéine de transport ou catalyse) et la forme en superhélice.